Les cadeaux de Noël: quand les goûts divergent

Publié le par Rim Savatier-Elkhatib

Sans les cadeaux, Noël ne serait pas Noël. [Louisa May Alcott]

Une femme peut courir des heures chercher un cadeau pour un homme. Ça finit toujours par une cravate. [Earl Joseph Wilson]


Déçus par leurs cadeaux, de plus en plus de Français envisagent déjà de les revendre sur Internet.

Que faire du CD de rap quand on est un passionné de musique classique, de la console de jeu quand on est un mordu de la lecture ? Le cadeau de Noël n’a jamais été autant problématique. Est-ce l'anti-magie de Noël ! Les personnes ne sont pas satisfaites ou en tout cas déçues de ce qu'elles reçoivent et n'ont aucun problème à revendre un cadeau (ou les troquer). C'est un phénomène qui devient de plus en plus fréquent. Dès le 24 décembre au soir, des personnes commencent à revendre leurs cadeaux. Les revendeurs après Noël étaient de 44% en 2007 contre 36% en 2006.

Dès la fin octobre on a commencé à installer les ornements de Noël ; dans les rues les guirlandes n’attendent qu’à déployer leurs lumières magiques, dans les magasins les décorations de Noël font concurrence aux autres produits. Tout est en avance pour nous rappeler que les fêtes ne sont que dans deux mois. Encore tôt ! Oui, peut être, sauf qu’avec l’impasse actuelle il est bon peut être d’apporter un peu d’espoir (l’esprit de Noël), mais aussi et surtout préparer les gens, psychologiquement et "budgétairement", aux dépenses incontournables d’une fête devenue avant tout une enseigne commerciale.

Période de stress. Quoi choisir pour le dernier qui à huit ans engloutit ces céréales le matin les écouteurs de son MP3 vissés dans les oreilles. Quoi offrir à son filleul qui, du haut de ses études à HEC, n’est plus le jeune assoiffé de BD. Et pour la belle sœur ? Une année c’était le sac en cuir, l’année d’après le foulard en soie ; mais en avait-elle vraiment besoin, envie?
On a souvent du mal à savoir quoi offrir, par peur de tomber dans la routine, les préjugés, les malentendus. Offrir chaque année un vêtement peut être interprété comme « je m’habille donc comme un sac à patates ! ». Offrir une boite de chocolat serait synonyme de « la gourmandise est un péché, et des kilos superflus » (même quand on reste mince comme une brindille). Personnellement j’ai collectionné, au fil des Noëls, une espèce d’urnes d’un pseudo style chinois (la pire des imitations qui puissent exister), alors que jusque là je n’avais jamais parlé de mon désir d’être incinérée (bien sur après ma mort).


Un stress qui nous prend chaque année à l’approche de Noël. Des questions qui nous rongent le cerveau au moment de s’endormir. On fait le lèche-vitrine plusieurs fois dans un froid de canard avec un vent soufflant à 80 km/h (le truc à attraper la crève). Résultat, on arrive au réveillon avec des points d’interrogation dans des paquets cadeaux, une mine d’enterrement d’avoir stressé des semaines durant et peut être un reste de toux souvenir d’une pneumonie toute récente.

Toujours un merci, un sourire, parfois aussi un petit cri de plaisir (simulé ?). Toujours des mots bien gentils, bien polis, et un sourire bien large comme dans une publicité de Signal White. Les bonnes manières nous interdisent de montrer sa déception devant la nième boite de « confit de canard produit du terroir » reçue chaque année, alors qu’on est végétarien depuis plus de vingt ans (tout le monde le sait, même le livreur de pizza Dominos). Il n’y a que les enfants qui disent ce qu’ils pensent des cadeaux reçus (de tout ou presque, la franchise de l’innocence) ; c’est la raison pour laquelle on prend bien soin de leur demander ce qui leur fait plaisir, bien à l’avance, pour ne pas être bousculé à la dernière minute.




Personnellement, j’ai résolu ce problème. Je n’ai pas arrêté d’offrir des cadeaux, ni participer à l’incontournable dîner devenu un rituel annuel plus qu’un moment spirituel. J’ai opté pour les chèques-cadeaux que je commande sur la toile (amazon.fr). On a le choix. Dans mon Noël à moi, comme dans beaucoup d’autres familles, c’est un mélange de générations, de mentalités et de goûts qui se réunissent autour du sapin pour s’échanger les cadeaux. Facile le chèque cadeau. Je fixe le nom du bénéficiaire et le montant de chaque chèque. Facile comme un coup de fil. Ensuite je choisis de les recevoir par courrier ou de les imprimer. Ensuite, chacun de son côté, pourra choisir le produit qui l’intéresse sur le site de ces chèques-cadeaux. Et à plusieurs chèques offerts sur un même site on obtient un montant plus conséquent, question de cibler, indirectement, le meilleur choix.
Le cadeau de Noël n’a jamais été aussi bien réussi qu’avec les chèques-cadeaux, un cadeau vraiment personnel, personnalisé, puisqu’on a la liberté de choisir son cadeau en fonction de ses goûts, de ses envies, de ses besoins. Liberté même dans le temps, puisque les chèques que j’offre sont souvent valables une année entière.

Publié dans culture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article