La tricot-thérapie: une méthode qui a fait ses preuves

Publié le par Rim Savatier-Elkhatib

          Le tricot permet à une femme de penser à autre chose pendant que son mari parle [Sacha Guitry]


Nombreuses sont celles qui ont dans leurs souvenirs l’image de grand-mère tricotant devant la cheminée où brûlent quelques grosses bûches, les deux chatons de la dernière portée jouent avec les pelotes de laine sous le regard somnolant de leur mère. Dehors il continue à neiger. Seul le feu et les ronronnements viennent troubler le silence de l’après midi. Une ambiance qui détend, on s’assoupit sans trop de peine. Mais depuis le tricot est tombé en désuétude. Les maisons ont perdu leur panier de tricot, les aiguilles et les pelotes de laine, les chats ne jouent plus, les enfants se réchauffent les pieds dans des chaussons fabriqués à la chaîne en Chine.

Sans le savoir grand-mère derrière ses aiguilles et son tricot qui avançait gérait les soucis du quotidien, les soucis qu’on définit aujourd’hui comme du stress qui, mal géré, laisse des conséquences souvent fâcheuses.

On peut penser que tricoter demande un effort physique et intellectuel important. Ce n’est que des idées reçues. Les premiers pas peuvent s’avérer un peu « énervant » : je ne sais pas comment tenir les aiguilles, je rate les points, etc. Il n’est pas question de réussir un pull en maille torsadée, mais de tricoter, en maille de base, d’interminables échantillons s’il le faut.


Le cerveau va se concentrer sur le mouvement des mains manipulant les aiguilles et le fil, sur les mailles, votre corps va se détendre, et petit à petit, comme en méditation, des images et des pensées vont commencer à affluer. Laisser les venir à vous. Ne rejeter rien. Une pensée repoussée revient toujours plus insistante.

Pour les personnes qui arrêtent de fumer tricoter en une bonne thérapie comportementale. Le geste de fumer occupe la main. Ce geste conditionne notre cerveau, devient un réflexe (acquis) qui permettra beaucoup de temps à disparaître. Au lieu de mâchouiller son crayon ou e se ronger les ongles, tricoter aide à se détendre en occupant le cerveau (qui continue à penser au "bon vieux temps quand fumer ne tuait pas encore").

Toutes les addictions sont servies, les boulimiques en premier. Un problème qui touche beaucoup de femmes. De l’hyperphagie au grignotage quand on s’ennuie ou quand on a un souci. Un ouvrage à portée de main, et on occupe ses mains et ses pensées qui ne se dirigeront plus vers le frigo.

Même en dehors d’une situation étouffante, le tricot permet de souffler. Au travail, tricoter une dizaine de minutes permet de repartir d’un bon pas, l’esprit plus serein et le corps détendu.

Jadis vieillot, tricoter devient un phénomène de mode. Des ateliers et même des cafés-tricot et des tricot-thés ont poussé permettant aux passionnés de se réunir, de partager leurs expériences, leurs soucis et leurs solutions. Les hommes aussi se sont mis au tricot, et ils s'en sortent vraiment bien.

Parce que la notion du stress est subjective et que les méthodes diffèrent d’une personne à l’autre (comme l’homéopathie, chaque organisme choisit ce qui lui convient le plus), les techniques de gestion du stress diffèrent aussi.
Comme pour un régime amaigrissant où il faut adopter une nouvelle (bonne) conduite alimentaire, faire de l’exercice physique, se détendre pour ne pas craquer, etc., gérer un stress c’est pareil ; il faut souvent jongler entre différentes techniques en pour ne pas craquer quand la tension du quotidien devient importante et nous attaque sur plusieurs fronts.


Sur Paris:

Brentano’s organise un café-tricot 3 samedis par mois de 10h30 à 12h. C’est convivial et gratuit.
37 Avenue de l'Opera, 75002 Paris
Tél
01 42 61 52 50
Métro Pyramides/Opéra - RER Auber
Parking : Place du Marché Saint Honoré


Publié dans psychologie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article