Red wine attitude: un verre pour la santé

Publié le par Rim Elkhatib Savatier

Le vin, c'est mettre des mots sur des sensations... [Plume Latraverse] Extrait de Contes gouttes ou le pays d'un reflet

La consommation de vin des français semble avoir chuté de 50% durant les 30 dernières années. Selon un sondage récent, 51% des personnes interrogées considèrent le vin comme le 2ème produit à risque pour la santé, après la charcuterie. Pour Dr Philippe BATEL (Psychiatre, alcoologue et écrivain français), le passage à l’alcoolo-dépendance observé dans la société est avant tout lié à une consommation précoce associée à une recherche de l’ivresse et de la défonce. (Revoir JT 20h, France 2, 29 novembre 2008).

Après l’hystérie hygiéniste du pain qui fait grossir, le saumon d’élevage qui fait courir des risques de cancer, les 3 litres d’eau au minimum à consommer dans la journée, ces campagnes basées sur la peur, peu de temps après leur lancement, ont du revoir et modifier leurs recommandations. Le pain est bénéfique pour la santé et ne fait plus grossir, le saumon protège nos artères et nos cellules, consommer de l’eau doit avant tout répondre aux demandes de l’organisme, le tout, bien évidemment, avec modération. Il en est de même pour les 5 fruits et légumes à consommer au quotidien (message absurde car consommer chaque jour 4 bananes et une tomate fait courir avant tout un risque de surpoids). Cette même stratégie de « peur » a aujourd’hui jeté ses griffes sur le vin, dans une campagne de lutte contre l’alcoolisme et ses risques pour la santé physique et mentale. Ce qu’on omet de dire (ou qu’on n’ose pas dire), c’est que le terme alcool est très vaste, mettant sur un même piédestal le meilleur Bordeaux et l’alcool frelaté à 70% d’alcoolémie.

Plus de 30 années de recherches menées dans différents pays et sur divers groupes ethniques, ont démontré le rôle de l’alcool dans la protection des maladies coronariennes ainsi que la réduction de la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. En effet, chez des sujets suivant un régime alimentaire sain et équilibré, le risque d’infarctus du myocarde est nettement diminué dans le groupe qui consomme du vin avec modération que dans le groupe non consommateur de vin.

Le vin comporte quelques 500 éléments différents, dont l’éthanol et les polyphénols. L’action cardio-protectrice du vin s’observe à plusieurs niveaux :

Polyphénols du vin ont une action :
- Anti-oxydante.
- Anti-inflammatoire.
- Augmentent le taux du HDL (bon cholestérol).
- Diminuent l’agrégation plaquettaire au niveau de la paroi des vaisseaux.
- Jouent un rôle vasculo-protecteur (observé au niveau des grosses et des petites artères).
Actions qui se traduisent par une réduction du risque athéromateux et thrombo-embolique.
- Vasodilatation.
- Diminution de la pression artérielle.
Ce qui se traduit par une meilleure perfusion du cœur et du cerveau.
- Sensibilisent les cellules à l’action de l’insuline.

L’éthanol quant à lui agit à plusieurs niveaux :
- Sur les lipides en augmentant le métabolisme hépatique et la synthèse du HDL (bon cholestérol).
- Joue un rôle sur l’hémostase.
- Action anti-inflammatoire.
Ceci se traduit par une diminution du risque athéromateux et thrombo-embolique et une action cardio-protectrice.

Diminution de l’incidence du syndrome métabolique : le syndrome métabolique est caractérisé par un ensemble de facteurs de risque cardiovasculaires, tel que l’obésité, le taux bas du HDL (bon cholestérol), l’augmentation du taux des triglycérides, l’augmentation de la pression artérielle, la résistance tissulaire à l’insuline (diabète type 2) et l’intolérance au glucose.


Autres bénéfices :
- Protection contre les cancers, notamment le cancer de l’estomac et de la prostate, par l’action anti-oxydante des polyphénols présents dans le vin.
- Lutte contre le vieillissement cérébral : la consommation d’un verre de vin par jour ralentirait jusqu’à 85% le risque de démence chez la personne âgée et constitue une prévention de la maladie d’Alzheimer.
- Protection contre les cancers féminins, notamment le cancer du sein, contrairement aux autres alcools qui eux constituent un facteur de risque pour ce type de cancer.
- Effet cardio-protecteur chez les femmes ménopausées.
- Le vin rouge aurait un effet protecteur du cancer pulmonaire.
- Le vin rouge a un effet protecteur des parodontopathies.


Les campagnes d’informations sur les risques de l’alcoolisme sur la santé sont sans doute à revoir. Considérer le vin comme un risque pour la santé, et le placer avant même le tabagisme, témoigne des failles dans le système d’information axé surtout sur l’interdiction-punition et l’idéal ascétique. Omettre de parler des effets bénéfiques du vin en mettant ce produit dans le même panier que les alcools forts serait une désinformation, car toutes les études qui se sont intéressées à l’étude des effets du vin sur l’organisme humain ont vanté les bénéfices d’une consommation modérée sur la santé et la longévité. A raison de 2 verres par jour, le vin rouge constitue une véritable arme contre les maladies cardiovasculaires, aussi bien sur un plan préventif que thérapeutique. Il est temps que le vin ne soit plus considéré comme un produit dangereux pour la santé, associé aux alcools forts, mais comme un nutriment qui, consommé modérément et au même titre que les fruits et légumes, constitue une mine de bienfaits pour l’organisme.


Bibliographie :
- Red wine polyphenols affect the collagen composition in the aorta after oxidative damage induced by chronic administration of CCl(4). Physiol Res. 2008 Jul 18
- Moderate wine consumption in the prevention of metabolic syndrome and its related medical complications. Endocr Metab Immune Disord Drug Targets. 2008 Jun;8(2):89-98
- Red wine and cardiovascular risks. Arch Mal Coeur Vaiss. 2006 Dec;99(12):1230-5
- Experimental evidence for the cardioprotective effects of red wine. Exp Clin Cardiol. 2007 Spring; 12(1): 5–10.
- Red wine, chocolate and vascular health: developing the evidence base. Heart 2008;94:821-823
- Resveratrol: a therapeutic promise for cardiovascular diseases. Recent Patents Cardiovasc Drug Discov. 2007 Jun;2(2):133-8.
- Does white wine qualify for French paradox? Comparison of the cardioprotective effects of red and white wines and their constituents: resveratrol, tyrosol, and hydroxytyrosol. J Agric Food Chem. 2008 Oct 22;56(20):9362-73.
- Red wine polyphenols improve endothelium-dependent dilation in rat cerebral arterioles. J Cardiovasc Pharmacol. 2008 Jun;51(6):553-8
- Red wine might prevent Alzheimer's disease. Moderate consumption could be a factor in reducing or slowing the incidence of AD. Health News. 2007 Jan;13(1):7-8
- Moderate consumption of Cabernet Sauvignon attenuates Abeta neuropathology in a mouse model of Alzheimer's disease. FASEB J. 2006 Nov;20(13):2313-20
- Resveratrol promotes clearance of Alzheimer's disease amyloid-beta peptides. J Biol Chem. 2005 Nov 11;280(45):37377-82. Epub 2005 Sep 14
- The red wine polyphenol resveratrol displays bilevel inhibition on aromatase in breast cancer cells. Toxicol Sci. 2006 Jul;92(1):71-7. Epub 2006 Apr 11
- Combined resveratrol, quercetin, and catechin treatment reduces breast tumor growth in a nude mouse model. Transl Oncol. 2008 Mar;1(1):19-27.
- Resveratrol-induced apoptosis is associated with activation of p53 and inhibition of protein translation in T47D human breast cancer cells. Pharmacology. 2007;80(2-3):134-43. Epub 2007 May 29
- Resveratrol-induced cell inhibition of growth and apoptosis in MCF7 human breast cancer cells are associated with modulation of phosphorylated Akt and caspase-9. Appl Biochem Biotechnol. 2006 Dec;135(3):181-92
- Moderate wine consumption in the prevention of metabolic syndrome and its related medical complications. Endocr Metab Immune Disord Drug Targets. 2008 Jun;8(2):89-98
- Red wine micronutrients as protective agents in Alzheimer-like induced insult. Life Sci. 2003 Apr 11;72(21):2369-79
- Effect of ethanol on metabolic syndrome. Pol Arch Med Wewn. 2007 Jul;117(7):306-11
- Resveratrol stimulates glucose transport in C2C12 myotubes by activating AMP-activated protein kinase. Exp Mol Med. 2007 Apr 30;39(2):222-9


Le vin se déguste aussi avec des mots. Voir


http://savatier.blog.lemonde.fr/2008/04/26/le-vin-et-ses-mots/

http://savatier.blog.lemonde.fr/2008/12/06/bonum-vinum/

Publié dans Santé- Bien être

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Fabrice Delorme 08/12/2008 16:13

franchement dire que le vin est une drogue dure , c'est assez étonnant sauf venant d'un hygiéniste pur et dur

et je signe de mon nom
Fabrice Delorme

anonyme 07/12/2008 11:20

Personne n'a jamais parlé ni défendu les drogues dures, sauf si on va finir par considérer le vin comme telle. Ce serait une aberration totale et fatale car, au delà de l'aspect culturel, convivial, gastronomique du vin, la science ne cesse de rappeler les bénéfices d'une consommation modérée sur la santé.

Capitaine Poltron 06/12/2008 22:00

Émouvant, cet appel du pied de Fabrice Delorme. Les drogues dures pourraient-elles faire alliance avec la médecine douce ?

Fabrice Delorme 04/12/2008 17:01

Cher docteur,

comme ça fait du bien d'avoir quelqu'un qui parle calmement et sans hystérie des problèmes.
Je fais partie d'un groupe de personnes liées au vin soit parce qu'elles en vivent soit parce qu' elles sont convaincus que la consommation modérée de vin est importante , comme nous tous d'ailleurs.
Nous partageons beaucoup de vos analyses et nous aimerions beaucoup échanger avec vous.
Nous essayons d'avoir une approche scientifique de tout le thème vin et santé, que nous expliquons sur notre blog.

Je serai très heureux de pouvoir échanger avec vous sur ces thèmes .

Fabrice Delorme